Découvrez la faune exceptionnelle de la Camargue, véritable trésor naturel du sud de la France.
Parcourez marais, étangs et prairies où oiseaux, chevaux et taureaux évoluent en semi-liberté, symboles vivants de ce territoire unique. Observez les flamants roses prendre leur envol, admirez le cheval de Camargue évoluer dans les pâturages et découvrez le taureau emblématique, acteur des traditions locales et gardien des paysages.
La sagne, appelée aussi Sagno, est un roseau emblématique de la Camargue. Elle pousse en grande quantité dans les zones appelées « Sagniero », particulièrement autour de l’étang de Vaccarès et aux abords de la Tour Carbonnière, haut lieu du paysage camarguais.
Sa récolte a lieu en décembre, lorsque les tiges ont séché. Le sagnié, celui qui l’exploite, coupe alors les roseaux et les lie en gerbes appelées manoun. Ces gerbes sont utilisées depuis des siècles pour la construction traditionnelle : les toits des cabanes de gardians, les abris pour chevaux (laupio), les clôtures et divers aménagements agricoles.
Aujourd’hui, les roselières accueillent une grande diversité d’oiseaux et jouent un rôle essentiel dans la régulation des zones humides. La sagne incarne ainsi à la fois un patrimoine vivant, une ressource économique durable pour les traditions locales et un pilier de l’équilibre écologique camarguais.
L’activité salinière d’Aigues-Mortes remonte à l’Antiquité et s’étend aujourd’hui sur environ 8 000 hectares de salins. Le sel récolté est principalement destiné à l’alimentation, avec la célèbre fleur de sel, cueillie à la main au début du mois d’août selon un savoir-faire ancestral.
Les salins sont aussi un paysage spectaculaire, où l’eau prend des teintes roses ou rouges sous l’effet de la micro-algue Dunaliella salina et de petites crevettes, dont se nourrissent notamment les flamants roses. Ce phénomène naturel crée des panoramas uniques, où nature et activité humaine coexistent depuis des siècles.
Au-delà de leur intérêt économique, les salins constituent un habitat précieux pour la flore halophile adaptée aux sols salés, et un refuge pour de nombreuses espèces d’oiseaux. La visite des salins d’Aigues-Mortes permet ainsi de découvrir à la fois un écosystème fragile, un patrimoine culturel vivant et un paysage emblématique de la Camargue.
La riziculture a commencé timidement au XVIᵉ siècle, d’abord pour dessaler les terres et rendre les sols cultivables. Son développement fut longtemps limité par la difficulté d’apporter l’eau douce nécessaire. C’est pendant la Seconde Guerre mondiale que la culture du riz connaît un essor majeur, pour pallier la pénurie vivrière et la fin de l’approvisionnement colonial. Entre 1964 et 1970, la riziculture décline face à la concurrence italienne et aux conditions climatiques difficiles.
Aujourd’hui, elle couvre 21 000 hectares, avec des semis directs début mai et une récolte mécanisée fin septembre. Les rizières camarguaises produisent différentes variétés : le riz blanc traditionnel, le riz rouge ou encore le riz noir, chacune avec ses caractéristiques gustatives et culinaires. Ces cultures incarnent le lien entre tradition agricole et respect de la nature, où le rythme des semis et des récoltes s’inscrit dans le cycle naturel de la Camargue.
Surnommée la fleur des gardians, la saladelle (Statice limonium) est une plante typique des sansouires, ces plaines salées caractéristiques de la Camargue. En été, elle tapisse les marais d’un manteau violine éclatant, ses fines fleurs bleues arrivant à maturité au mois d’août.
Gorgée de sel, elle est impropre à la consommation pour les chevaux et les taureaux, et sa tige se recouvre souvent d’une fine pellicule blanche d’écume salée. Fleur symbolique et porte-bonheur, elle accompagne les moments de vie des Camarguais : les hommes l’accrochent à leur boutonnière, les femmes à leur fichu, et elle orne les maisons en bouquets séchés qui se conservent des années.
Au-delà de son rôle décoratif, la saladelle aide à stabiliser les sols salés et soutient la diversité des micro-écosystèmes des marais. Rustique et poétique, elle est surnommée « la fleur qui ne fane jamais », rappelant l’été camarguais lorsque les jours raccourcissent.
Préserver la flore de la Camargue, c’est aussi protéger les milieux naturels qui les abritent. Marais, rizières, roselières et salins sont des écosystèmes fragiles, indispensables à la survie de nombreuses espèces animales et végétales.
En respectant ces espaces, en suivant les sentiers balisés et en adoptant des comportements responsables, chacun contribue à maintenir cet équilibre unique et à garantir que la Camargue continue d’offrir un refuge sûr à sa flore emblématique pour les générations futures.
Place Saint Louis - BP 23
30220 AIGUES-MORTES