Le cheval Camargue

Le Camargue né de l’écume des mers

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Ascendance asiatique ou africaine ?

Malgré la présence d’une sixième vertèbre lombaire rapprochant le cheval Camargue du tarpan et du cheval de Prjevalski, la polémique n’est pas close. Ce qui est sûr, c’est que le Camargue fait partie des plus anciennes races du monde. Son origine remonte à l’époque quaternaire puisque, selon certains, son ancêtre serait le célèbre cheval de Solutré, datant du paléolithique. Son type rappelle bien d’ailleurs les dessins rupestres préhistoriques découverts entre autres à Lascaux. Il serait venu de l’antique Assyrie en longeant les côtes de la Méditerranée. Pour d’autres, ce serait une race autochtone, et ses ancêtres peuplaient la Gaule primitive. A l’approche de l’homme, il se serait retiré dans les parties les moins accessibles du pays, et c’est ainsi que des hordes de chevaux sauvages furent amenées à trouver refuge dans les zones très peu accessibles du delta du Rhône.

En 399 après Jésus Christ, les lettres du Préfet de Rome font état de la participation du cheval de Camargue aux Jeux du Cirque organisés dans la capitale, et les Phéniciens qui, colonisèrent l’estuaire du Rhône le découvrent pâturant aux bords des étangs.

Son élevage fut encouragé par Jules César qui fit établir deux haras, à Arles et à Rhodansia, destinés à la remonte de la cavalerie romaine.

L’invasion maure qui déferla sur le pays et fut arrêtée à Poitiers en 732, libéra, également, de nombreux éléments de race arabe. Le Marquis Folco de Baroncelli-Javon, éleveur manadier (1869-1943) s’intéressa beaucoup à la pureté de la race camarguaise, autant chevaline que bovine. Il soutenait la thèse d’une descendance de chevaux mongols ou tartares, abandonnés par les hordes barbares qui envahirent la Gaule vers 450 de note ère t furent anéanties par le général romain Aétius. Celui-ci, contribua avec Mérovée et Théodoric, à la défaite d’Attila dans les champs catalauniques, en 451.

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Le naturaliste allemand Johann Friedrich Gmelin qui se rendit en Ukraine en 1769, pour une étude sur le Tarpan, en donne la définition suivante : petit cheval très rapide, au long pelage, aux oreilles pointues, aux yeux vifs, à la crinière abondante, à la longue queue. Ces caractéristiques ressemblent sensiblement à celles du cheval Camargue.

Mais dans le temps, une inévitable fusion dut se produite entre ces nombreux animaux, libérés, vivant à l’état sauvage et n’ayant aucune frontière.
Cependant, il est certain que l’atavisme autochtone ou mongol semble avoir été le plus fort car, malgré les croisements opérés, la ressemblance entre le cheval tibétain et le Camargue est restée frappantes : même taille, même silhouette, même comportement.

Des croisements hypothétiques très anciens, pendant les règnes de Louis XIII, Louis XIV, Louis XV, puis sous l’Empire, des essais d’amélioration du cheval Camargue engendrèrent des mesures draconiennes envers les propriétaires qui ne voulaient pas se conformer aux prescriptions du commissaire inspecteur des Haras et laissaient saillir leurs juments sans passer par les étalons de l’Etat, fussent-ils de races différentes.

Sous Louis XIV, certains gentilshommes du Midi achetaient des chevaux « Barbe », qu’ils croisaient avec des juments du pays et revendaient les jeunes produits dans les foires locales, en les faisant passer pour des chevaux « arabe ».

En 1665, le surintendant Colbert acheta des étalons d’origine africaine , afin d’améliorer la race des chevaux devant servir à remonter la cavalerie française. Ces étalons furent confiés aux éleveurs du Midi ; mais cet essai ne donna aucun résultat positif.
En 1806, Napoléon, lui aussi séduit par les qualités de robustesse, d’endurance et de frugalité du Camargue, fit réorganiser les Haras de Provence.
En 1865, on utilisa ses qualités de bon porteur lors de la percée du canal du Suez. Ce cheval assura depuis le Moyen Age, le travail de forçat du dépiquage du grain. La difficulté de vie dans laquelle se débattit le Camargue depuis de multiples générations a provoqué, parmi ces animaux errants, une sélection naturelle. Les plus forts, les plus résistant ont pu demeurer solides et permettre la pérennité à cette descendance exceptionnelle.

Quelle race de chevaux, vivant en France, en liberté, aurait su se contenter, pour survivre, de la nourriture de quelques roseaux, d’un peu de triangle et de cette espèce de chiendent appelée « tirasse ».

Il n’est par possible d’affirmer sa pérennité à une seule et même race. Nous pouvons le considérer comme élément d’une ascendance très lointaine, entrecoupée de nombreux croisements ; mais acclimatée depuis longtemps dans la région méridionale. Cependant, depuis 1964, date où fut créée l’Association des Eleveurs de chevaux Camargue, cette possibilité de race pure existe. Elle détaillait ses objectifs : définir la zone d’élevage du cheval Camargue, les caractéristiques de la race, sa conservation et obtenir sa reconnaissance officielle.

En 1966, l’Association fut admise par l’Union Nationale Interprofessionnelle du Cheval.

Elle sollicita ensuite la reconnaissance par l’Administration des Haras. Depuis 1969, une commission d’examen contrôle les résultats obtenus par les éleveurs camarguais. Ceux inscrits actuellement à l’Association sont au nombre d’une cinquantaine.

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Les particularités de l’élevage Camargue

L’élevage du cheval Camargue se pratique en liberté et en manade dans une aire nettement délimitée appelée « berceau de race ». Cette aire est contenue dans un triangle dont les sommets sont Montpellier à l’ouest, Tarascon au nord, et Fos à l’est, zone qui englobe ainsi « l’île de Camargue, les basses terres du Gard et de l’Hérault t une partie de la Crau.

Une manade est un élevage répondant à un certain nombre de critères relatifs à la superficie des pâturages et au nombre d’animaux.
Ce mode d’élevage est le meilleur garant des qualités intrinsèques du cheval Camargue.
Ont droit à l’appellation « Camargue » seuls les chevaux issus de manades reconnues officiellement dans le berceau de la race.

Le cheval Camargue est le seul cheval de race 100% français.
C’est une race ancienne, mais c’est aussi pour l’éleveur, une race nouvelle.
Le livre généalogique date de 1978. Peuvent y être inscrits les produits au titre de l’origine dès lors que la commission habilitée reconnaît à la jument ou à l’étalon concerné les caractéristiques inhérentes au standard de race du cheval Camargue.

Morphologie

Généralement gris très clair, presque blanc, une fois adulte, le Camargue possède des poils abondants et hirsutes, une crinière et une queue très fournies. La queue est attaché bas. Sa conformation un peu lourde et comme taillée à coups de serpe, est solide et puissante. Sa taille varie entre 1,35 et 1,45 m. Il est pourvu d’une tête épaisse et bien attachée, au frontal plat, au chanfrein rectiligne, aux oreilles petites, mobiles, écartées et à base large, à l’œil vif et intelligent sous des orbites saillantes, et d’une amusante petite barbe sous la ganache. L’encolure est droite et ramassée, la poitrine profonde, l’épaule droite et courte. Le garrot et le rein sont larges, la croupe carrée, courte et avalée, la cuisse forte et charnue.

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Les membres sont forts et de bonne nature, le pied très sûr, sa surface portante bien développée. Le genou est large. Le cheval est bien jointé.

Son habitat naturel est le delta du Rhône et ses environs, où il a réussi à survivre depuis des millénaires et qui, malgré les nombreux croisements dont il fut l’objet, lui conserva ses caractéristiques si particulières. Région toute en contrastes, partagée entre la terre et l’eau salée de la mer, brûlée et desséchée par le soleil d’été, fouettée par le mistral et une eau glaciale l’hiver.

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